MALNOÏA Superbe poésie

Malnoïa - Theclubbing.com

L’album Surface of arts de Malnoïa récolte un 9/10 sur Theclubbing.com ! Voici la chronique complète.

Non, Malnoïa n’est pas une nouvelle marque de savon, même si musicalement, ça sent plutôt bon. Lorsqu’on lit que Pierre Mottron cite AFX et Alain Bashung, Léo Ferré et Clark, Steve Reich et Takashi Miike parmi ses influences, difficile de résister à la tentation de se pencher sur sa musique qui, on le devine, ne risque pas d’être fabriquée dans un moule déjà existant. Sa première incursion sur la scène électronique a duré le temps de 5 albums à travers le projet B-LogiQ (accompagné de Miscellaneous, actuel MC du groupe de hip’n roll qui déboîte Fumuj), et cet artiste polyvalent élargit ensuite son champ d’actions, en tant que producteur pour Abâdon et Maquerelle, mais aussi pour le cinéma, le genre d’ambiance grand écran que l’on retrouve sans se forcer sur cet album solo.

Il est effectivement temps pour lui d’avancer de quelques pas et se présenter seul derrière Surface Of Arts, tout de même entouré à temps partiel par trois invités, Hidekazu Wakabayashi, Post-Agnès et Edouard Kuchiman. Sur Time’s, on se sent immédiatement affaibli par la voix suave de Pierre et la douceur du piano. Rien d’énorme au premier abord, mais le potentiel s’agrandit de manière croissante, le titre s’emballe façon comédie musicale Tim Burtonesque 2 minutes plus loin, laissant éclore la mélodie et éclater des clicks electronica. Ses cordes vocales gagnent définitivement notre respect sur Curtains Down, superbe poésie dans la même lignée que les Silent Poets pour son côté lyrique et ses violons, auxquel vient s’ajouter un beat syncopé, une comparaison évidente que l’on retrouve sur des titres fabuleux comme The Bridge Of Sighs, Another Moral Dilemma, ou Carousel qui dégage néanmoins une pointe de violence anachronique par sa ligne de basse, vite calmée par ce complexe vocal masculin/féminin qui pince chez nous une corde sensible. L’opéra inquiétant de Bohemian Intermission prend une tournure expérimentale électrisante, toujours adoucie par cette voix comparable à celle de l’artiste Milosh, et le disque continue de marcher sur la même ficelle tressée de pop, soul et ambient pour atteindre et nous laisser contempler une autre rive paradisiaque avec des chansons comme le superbe Twinkle ou l’alambiqué et enjoué I Killed Music. Excellente découverte !

Retrouvez la chronique sur www.theclubbing.com.

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